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AU JOUR ...LE JOUR ... "VA tant que tu peux... tant que tu veux", ALLEZ VA !.

Construisez votre histoire en faisant vivre la mienne. Envoyez à l'adresse du blog ou sous forme de commentaires, des morceaux de votre vie. Textes, et photos, des pensées agréables, quelques moments de bonheur partagés mais aussi vos doutes, vos questions et votre tristesse aussi...  Je vous écouterai comme vous le faites pour moi...



MERCI ET BONJOUR CHEZ VOUS


Vendredi 14 avril 2006 5 14 /04 /Avr /2006 07:39
LETTRE OUVERTE A NANOU POUR ELLE

Le plus difficile reste à dire…. Il est la clé de voûte de la souffrance intrinsèque… Il dépasse le concept même du viol, il est violence plus que la violence… Il dépasse tout entendement et ces maux sont arrachés à mon âmes,,, Il le faut.

Si j’écris, tout en analogies et métaphores, je ne le peux autrement….

Par l’écrit, cette souffrance s’écroule…. Mais  je ne peux avec elle m’effondrer…je dois vivre.

Par l’oral, cette souffrance implose et je meurs.

Le silence garantis ma survie et vaut acceptation…

Souvent je pense que cela n’est pas la réalité,, que cela n’a pas existé, et lorsque je me surprend, et toujours à temps, à vouloir reproduire,  je comprend l’architecture de ma vie, comme une toile… Je m’empêche de reproduire, je me force à taire la violence dans ma vie, je la recherche par mon travail, je la hurle dans mes dessins… des seins… comme un animal que l’on égorge, en sacrifice…

Rituel de je ne sais quelle religion de la survivance… reproduire pour s’illusionner d’éternité.

La clé de voûte : « Mon grain de sel de mère, n’a jamais été aimé par la sienne… »

Si l’on peut appeler l’amour maternel, de l’amour… Pour moi, et uniquement pour moi, il s’agit plutôt d’instinct…animal  mère…

L’amour  devient maternel à force …ou peut être confondu….avec l’instinct et difficile alors de couper le lien…L’absence d’amour s’est alors reproduit en trop d’amour absolu.

La  "mère grand" du petit chaperon rouge,,, ou grain de sel, du fond de l’estomac du loup……  ne pouvait aimer … Certainement  "vendue" m’a t elle … dit,,, un jour de confidences en confidences... à chaque fois plus solidaire »…forcée par le mariage,,, violée sonne plus vrai,,,, mais bénis par l'Autre...

D'une époque lointaine pour nous, atrocément proche pour quelqu'unes toujours trop nombreuse à partir du moment qu'il y'en a encore une..

Cet homme loup,  qui fut le mien aussi… de ses mains meurtrie… a perdu grain de sel de mère dans la forêt de son ignominie,,, Ce père comme un Dieu, quel mâle lui a-t-il fait qu’elle l’enfouisse au fond si profond de son abîme ? Qu’elle le craigne au point de l’idolâtrer ?  Elle aime les arbres,,, depuis,,, ils sont ses compagnons de douleur.

 

Cette  absence d’amour confondu, absurde reproduction…  donne à priori… tous les droits…  et parfois quand la douleur était trop grande,,, à me frapper la tête contre les murs pour elle, par elle...mal très mal... l'humiliation... et tout oublier

Mais aussi et en contrepartie, le devoir de porter une charge si lourde que d’aucun la nomme croix,  pour le plus grand malheur de l'enfant… abstraire la souffrance  en la donnant à porter à l'enfant… comme un honneur…. une sainteté

Et l'enfant, d'amour à mort pour la mère, devient la croix…. Selon son degré de transparence… Il doit empêcher la mort…pour cette stupidité de vie éternelle… à tout prix... Fier de lui appartenir…

Nourris de cette souffrance, par le lien charnel, l’enfant ne peut pas grandir, il reste l’enfant et la mère la mère…

Le lien s'est fossilisé ... il vient de la nuit des temps... et impossible de s'en défaire... .. vivre ailleurs, dans un autre monde,,, pour ne jamais perdre le lien avec la réalité... qui n'est pas la mère.

Il faut marcher… marcher…, marcher… vers le NORD ... sublimer la lumière... pour s'affranchir de la peur du noir...

et dire "maman je t'aime" pour elle....qu'elle n'a jamais pû dire ...

malgré TOUT.

Chère soeur de sang, témoin et non coupable, ainsi justice est dite.

Bonjour chez toi soleil aussi, au Maroc passe lui le bonjour...

môHma

Par Marie-Odile Mathis - Publié dans : mohma au pays du crabe
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Jeudi 13 avril 2006 4 13 /04 /Avr /2006 06:47
JE JURE DEVANT MES SOEURS....

 Un viol n’a l’air de rien, quand il s’agit de la conscience. Un viol peut être en surface, il peut être en profondeur il peut être les deux… Lorsqu’il survole le pays des sabines comme un rapace à la quête de nourriture et que la conscience n’a pas encore la maturité pour défendre son territoire….il y a terreur et consentement… et  ces moments  sont  vécus comme une fatalité, une honte, parce que ces moments ne portent pas de non… en surface c’est l’apparence du  toujours rien,,, mais l’écorchée n’a de surface que sa chair… et le rien devient rien du tout…pour ne pas souffrir… « Tout passe, tout lasse »…. Il y a des maux que l’on ne ressent plus…et  on rit… du bonheur factice… Surtout tout exprimer mais ne rien dire…. " Je sais tout mais je ne dirai rien"...

Il a fallut ce voyage au pays du crabe pour que reviennent en surface ce passé enfouis comme un déchet ultime….Que ce rien du tout devienne le tout…

Là,  à la croisée des chemins acculée à dire la vérité, rien que la vérité, comme s’il y avait eu mensonge… je jure devant moi que je dirai toute et toute seule…

Enfouis mais non oubliée…la cicatrice vive se réveille…. Par la cicatrice vivante du  sein perdu…. Elles se collent l'une à l'autre,,,et deviennent le signe… Les similitudes sont flagrantes : une  possession anonyme de l’être à votre insu,,, certainement la nuit lorsque la conscience en sommeil n’a pas de garde…Que le corps n’est pas en mouvement alors, le crabe s’introduit dans cette partie de vous …qui ne devrait vous relier qu’à la vie… un viol ordinaire comme tant d’autres…. et puis ... par surprise...quand vous vous y attendez le moins...

Mais cette partie de vous devient le  cordon ombilical qui vous relie à votre propre mort.. Vous lui donnez vous-même la nourriture de sa croissance… vous ne le savez même pas et vous ne pouvez l’en empêcher… la mutilation sauve la vie…. La chimie sauve la vie… les rayons sauvent la vie…. L’amour la donne….

On pourrait poser la question devant ce semblant de viol incestueux : "la mère ou l'enfant ?"... Il n'y a pas d'enfant à naître,  mais une femme...

On sauve la femme... par serment interposé et la femme nait de son propre amour à elle même si elle le découvre... c'est le plus difficile, il est caché très au fond du fond du bout du bout de l'abime de soi....

Et voilà que la cicatrice-signe prend racine et qu’un autre vous se met à pousser tout doucement sous vos propres yeux… Ce que vous avez perdu renaît plus femme que jamais et dans toute sa plénitude… Débarrassée de l’imposture du paraître… le voile n’a de femme que le e muet qui le sépare du viol…. et il se lève enfin…et au féminin le mot dit violence est pour la femme au quotidien ce que le pain est pour l’homme.

ETRE à jamais débarrassée de la servitude du paraître,  comme condition initiale le e muet devient parole …. SE LIBERER de la servitude d’être femme pour l’homme et non par l’homme…. La parole devient signe.

ET le signe par ma cicatrice  en cet instant présent m’engage à faire correspondre mon passé et mon devenir, immanence et transcendance, le dédale et le labyrinthe, tours et détours, torsions et contorsions, glissements et plissements… hier et aujourd'hui....

POUR QU'AUCUN VIOL NE RESTE A JAMAIS IMPUNIS

besoin de règler mes comptes une fois pour toute , la balance des mots, justice est dite...

et bonjour chez vous
môHma

Par Marie-Odile Mathis - Publié dans : mohma au pays du crabe
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Mercredi 12 avril 2006 3 12 /04 /Avr /2006 07:37

LE PREMIER PLUS BEAU JOUR DE MA VIE

 

L’Amour n’est pas un jour de ma vie, mais tous les jours… Je suis toujours (et j’espère pas pour) au pays du crabe,

J’ai passé une porte et tous les jours sont plus beaux les uns que les autres et c’est ainsi… même si le poid pris avant et pendant le traitement,,, me désolent,,,, je venais d'atteindre "mon seuil de rentabilité santé" et une silhouette qui me satisfaisait (38, j'en suis au 44), comme quoi,,, rien n'est jamais acquis... Tout est à refaire... Plus de 10kg à perdre... Il faut que je m'astreigne à un exercice physique journalier, hier j'ai marché mes 10km.. dont 5 avec Brigitte et Odette... merci mes soeurs de coeur, je peux tout faire de chez moi,,,... Quel bonheur...

Mais il y a un  «plus », quelque part, qui fait dire qu’ UN JOUR  ,,, quelque chose est arrivé par la porte du bonheur… et vous a remplis d’une joie intense,,, plus intense encore que la jouissance amoureuse…

Seule les naissances de mes enfants m'ont remplis d'une joie aussi intense...

Et ce jour là, ce premier jour, comme un premier amour,,, est synonyme de paradoxal et il sera difficile de comprendre que je puisse ressentir du  bonheur dans l’évènement que je vais raconter… Mais je suis persuadée que c’était du bonheur à l’état pur, comme un cristal de roche,,, une fraction de seconde, qui rêve du cosmos et  vous entrouvre la porte d’une autre dimension et qui a suffit à bouleverser ma vie…

Il faut s’en souvenir,,, ou ne jamais oublier… Le raconter aide au travail de mémoire.

Je crois que depuis ce jour je n’ai plus du tout peur de mourir…

 

L’IMMANENCE…

 

Je devais avoir une petite trentaine d’année, tout juste… (Il y a presque 20 ans) J’enseignais en CFA (centre de formation pour apprentis) », dédié aux  métiers de la bouche…... Je sortais des Beaux Arts, la vie s’ouvrait devant moi…

J’étais en stage à Colmar et je savais que mon oncle Roland, le frère de mon père,  venait d’être hospitalisé…Je savais qu’il avait un cancer….

Je rentre dans sa chambre, je lui fait un bisou, je lui dit que je suis en stage,,,, je m’assois, il s’endort, le temps passe… Je ne porte jamais de montre et mon oncle se réveille en sursaut pour me dire…. "Il est temps pour toi de retourner à ton travail"… une pendule dans la tête…

Je m’en vais, surprise qu’il se soit rendu compte de l’heure…

Je savais qu’il avait un cancer, mais j’ignorai lequel il pouvait être et avec grain de sel de mère,,, nous lui avions rendu visite,,, quelques mois auparavant…

Très amaigris, couché, je n’étais pas du tout consciente que mon oncle fût gravement malade… Je l’ai toujours connu comme extrêmement sympathique,,, un vrai profiteur de la vie, aimant les femmes, la fête, les voitures, la vitesse, «  la bière, les bretzels et le football »un visage toujours souriant… un peu fanfaron,,,, et pour parfaire le tableau,,, très bel homme… très respectueux, jamais de moquerie, et très alsacien, je l’entend encore parler ce dialecte qui m’a bercé toute mon enfance, comme une musique dont je ne comprenais aucune parole……je l’adorai comme toutes mes sœurs et frères, il était le parrain de Michel, et tout le monde était jaloux…Mais Michel partageait son parrain avec nous, sans problème, un chouette grand frère…

.... HEUREUX ANNIVERSAIRE MICHEL !!!! CE SOUVENIR EST POUR TOI!!! COMME JE T'AIME GRAND FRERE!!! ....

Non qu’il le gâtait particulièrement, mais un quelque chose qui nous manquait peut-être, et qu’il a su nous apporter… un peu d’équilibre familial qui nous a permis somme toute de passer cette période de l’enfance dans l’illusion de l’harmonie.. Il était le « parrain » de la famille,,, un père de substitution peut-être que nous nous étions  appropriés,..

Pour moi, il était  mon « oncle d’Amérique » …  Il avait une femme et une fille et des aventures … pas catho du tout, ni sur les bords, ni à l’intérieur… Il préférait fêter les samedis soirs

(un super chapeau à claque rangé dans un cagibis,,, remplis de confettis, j’en pleure de bonheur, rien que de visualiser le chapeau et le cagibi…je me rappelle même que la fête avait une odeur,,, indéfinissable)

et dormir le dimanche, ou aller au « foot » ou autre chose, mais surtout pas l’église… Quel BONHOMME…pour l’époque, un paria…

Il a passé la plus grande partie de sa vie au fond de la mine… chaleur qu’il n’a pas supporté…. Il a terminé sa vie comme « chef de sa petite  entreprise, une  autoécole »

Fou de voiture, il faisait la prestigieuse course dans les Vosges… il était notre idole…

Et je crois que sa vie était tellement dense, un peu marginale, particulière,  que je n’ai pas vu la maladie, mais LUI.

C’est donc mon point de vue, ma vérité nue qui parait… Les autres témoins de l’époque peuvent conter et donner leurs souvenirs… L’objectif n’est pas de savoir ce qui est vrai, qui a raison,  il  n’y a pas de vérité, il n’a pas de raison, il n’y a que des émotions….

Je ne sais plus si ce jour succédait au précédent… Je me rappelle que c’était un dimanche…

Je ne sais pas non plus qui « avait donné le mot »…

Mais Malou, Dédé, mon père, ma mère et moi étions là…

Et tout le monde était autour de lui… il était réveillé, bien, heureux et soudainement mon oncle a une envie gourmande intense… comme une femme enceinte…Dédé est allé lui chercher une énorme grosse part de Schwarzwald… qu’il a dévoré…en un clin d’œil,,," mais il va bien, s’il mange c’est bon signe" , disions nous pour nous rassurer…

Il a voulu fumer une cigarette… Mon père lui a tenu sa cigarette, qu’il a péniblement fumé… sans la terminer…Il n’avait pas la force de la tenir….

Puis il s’est endormis,,,

Je crois qu’il ne se réveillait plus vraiment, cela a duré toute l’après midi,  il disait des phrases incompréhensibles…. Je me rappelle de l’une d’entre elles : » il y a toutes le races »

Et puis, vers le soir,,, je ne sais pas qui était encore dans la chambre, je ne me souviens que de mon grain de sel de mère et moi… Grain de sel de mère sentait que la fin était proche,,, et je tenais la main de mon oncle… que faire en de pareilles circonstances ?… son teint avait changé… il transpirait et respirait de manière saccadée…

C’était bien la première fois que j’étais aussi proche de la mort… de quelqu’un que j’aimais… Nous savions que mon oncle n’a pas voulu des derniers sacrements, ni voir le curé ou le pasteur,,, fidèle à lui-même… Mais il a accepté de rencontrer l’imam,,, qui avait laissé sur la table de nuit une photocopie d'une prière musulmane : "
les 99 noms de Dieu".

Je ne connaissais pas du tout ce texte et pour l’accompagner, grain de sel de mère me passe cette photocopie et tout en tenant la main de mon oncle, je commence à le lire....

Je lis ces 99 noms une première fois,,, et je recommence une deuxième fois et je me souviendrai toujours qu’en prononçant le mot « Dieu est immanent » mon oncle me serre brusquement la main et la  relâche aussitôt… et  c’était là  son dernier signe de vie…

J’étais bouleversée, heureuse, un joie immense,,, je n’ai même pas pleuré… c’était trop beau, le premier plus beau jour de ma vie..

Immanent ? je n’ai jamais retrouvé ce mot dans aucune traduction… Je crois avoir "jeté" la photocopie que j'ai gardé de nombreuses années, comme un objet sacré....

Je me rapelle aussi, que mon père a terminé la cigarette "inachevée" et tout le paquet,,, des gitanes filtres alors que mon père fumait des gauloises... jusqu'au bout à la cigarette ils se sont adonnés... Nul n'est en droit de  juger...

Il avait 49 ans quand je lui ais tenu la main pour la dernière fois,,, exactement l'âge que je vais avoir d'ici la fin du mois de mai... Cela me fait un drôle d'effet dans le dos, comme un frisson... et puis j'ai tellement l'impression d'être une gamine .... "bizarre, bizarre.... vous avez dit bizarre ? comme c'est bizarre..."

J’aimerai qu’on me tienne la main aussi si je dois mourir un jour comme eux.

Bonjour chez vous

môHma

 

 

Par Marie-Odile Mathis - Publié dans : mohma au pays du crabe
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