PEUR DU NOIR

Publié le par Marie-Odile Mathis

LETTRE OUVERTE A NANOU POUR ELLE

Le plus difficile reste à dire…. Il est la clé de voûte de la souffrance intrinsèque… Il dépasse le concept même du viol, il est violence plus que la violence… Il dépasse tout entendement et ces maux sont arrachés à mon âmes,,, Il le faut.

Si j’écris, tout en analogies et métaphores, je ne le peux autrement….

Par l’écrit, cette souffrance s’écroule…. Mais  je ne peux avec elle m’effondrer…je dois vivre.

Par l’oral, cette souffrance implose et je meurs.

Le silence garantis ma survie et vaut acceptation…

Souvent je pense que cela n’est pas la réalité,, que cela n’a pas existé, et lorsque je me surprend, et toujours à temps, à vouloir reproduire,  je comprend l’architecture de ma vie, comme une toile… Je m’empêche de reproduire, je me force à taire la violence dans ma vie, je la recherche par mon travail, je la hurle dans mes dessins… des seins… comme un animal que l’on égorge, en sacrifice…

Rituel de je ne sais quelle religion de la survivance… reproduire pour s’illusionner d’éternité.

La clé de voûte : « Mon grain de sel de mère, n’a jamais été aimé par la sienne… »

Si l’on peut appeler l’amour maternel, de l’amour… Pour moi, et uniquement pour moi, il s’agit plutôt d’instinct…animal  mère…

L’amour  devient maternel à force …ou peut être confondu….avec l’instinct et difficile alors de couper le lien…L’absence d’amour s’est alors reproduit en trop d’amour absolu.

La  "mère grand" du petit chaperon rouge,,, ou grain de sel, du fond de l’estomac du loup……  ne pouvait aimer … Certainement  "vendue" m’a t elle … dit,,, un jour de confidences en confidences... à chaque fois plus solidaire »…forcée par le mariage,,, violée sonne plus vrai,,,, mais bénis par l'Autre...

D'une époque lointaine pour nous, atrocément proche pour quelqu'unes toujours trop nombreuse à partir du moment qu'il y'en a encore une..

Cet homme loup,  qui fut le mien aussi… de ses mains meurtrie… a perdu grain de sel de mère dans la forêt de son ignominie,,, Ce père comme un Dieu, quel mâle lui a-t-il fait qu’elle l’enfouisse au fond si profond de son abîme ? Qu’elle le craigne au point de l’idolâtrer ?  Elle aime les arbres,,, depuis,,, ils sont ses compagnons de douleur.

 

Cette  absence d’amour confondu, absurde reproduction…  donne à priori… tous les droits…  et parfois quand la douleur était trop grande,,, à me frapper la tête contre les murs pour elle, par elle...mal très mal... l'humiliation... et tout oublier

Mais aussi et en contrepartie, le devoir de porter une charge si lourde que d’aucun la nomme croix,  pour le plus grand malheur de l'enfant… abstraire la souffrance  en la donnant à porter à l'enfant… comme un honneur…. une sainteté

Et l'enfant, d'amour à mort pour la mère, devient la croix…. Selon son degré de transparence… Il doit empêcher la mort…pour cette stupidité de vie éternelle… à tout prix... Fier de lui appartenir…

Nourris de cette souffrance, par le lien charnel, l’enfant ne peut pas grandir, il reste l’enfant et la mère la mère…

Le lien s'est fossilisé ... il vient de la nuit des temps... et impossible de s'en défaire... .. vivre ailleurs, dans un autre monde,,, pour ne jamais perdre le lien avec la réalité... qui n'est pas la mère.

Il faut marcher… marcher…, marcher… vers le NORD ... sublimer la lumière... pour s'affranchir de la peur du noir...

et dire "maman je t'aime" pour elle....qu'elle n'a jamais pû dire ...

malgré TOUT.

Chère soeur de sang, témoin et non coupable, ainsi justice est dite.

Bonjour chez toi soleil aussi, au Maroc passe lui le bonjour...

môHma

Publié dans mohma au pays du crabe

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Commenter cet article

philtoc 16/04/2006 12:35

Un petit com' de soutien pour ton blog.Continue comme ça et A++ et joyeuse pâques

Marie-Odile Mathis 16/04/2006 20:55

Merci "très beaucoup" pour votre soutien et joyeuses pâques aussi... môHma

MARTINE 15/04/2006 14:34

pour nous qui sommes à l'extérieur de ton histoire , c'est dur de comprendre , on essaie et puis on imagine .....et c'est pire encore !
de toute manière tu as bien écrit "pour Nanou" alors de quoi nous mêlons-nous?

Marie-Odile Mathis 15/04/2006 15:23

Cette histoire, la mienne,  dépasse l'entendement... parfois, je suis obligée de "coder" A MORT,,, parce que c'est trop difficile à supporter pour tout un chacun.... je n'en n'ai jamais parlé parce que cela semblait  ne pas être grand chose,,, puisque appartenant au passé"... et bien non... Mon passé est lourd à porter mais ultra léger par rapport à ce que d'autres écrasés par les épreuves....endurent...Finalement je me dis, qu'il y a eut de l'amour et que c'est cela qui sauve... l'amour avec un petit a,,, modeste, quotidien, tous les jours, un sourire, une main, un regard, l'amour et rien d'autre.Cette page est pour Nanou, mais ouverte,,, tu peux t'emmêler... les pinceaux,,, c'est pas un secret, sinon je n'aurai rien écrit.Bon week end de Pâques...môhma,,,le papillon

malou 15/04/2006 14:26

rien à ajouter dans ce tendre dialogue qu'il me plaît de lire et de relire malgré les relents de douleur.

Marie-Odile Mathis 15/04/2006 15:24

Merci Malou, j'aurai trop besoin d'en parler avec toi, si tu t'en sens le courage.môHma

nanou 14/04/2006 20:32

pour moi c'est tout à fait clair..... je ne l'aurais pas mieux raconté, c'est parfait
à bientôt

nanou 14/04/2006 18:28

Je me gorgerai de soleil pour toutes les deux, en pensant à toi qui subit d'autres rayons, salvateurs eux aussi, en attendant d'aller voyager avec toi au Maroc ou ailleurs..nous avons fait un grand chemin ensemble déjà... merci pour ta lettre ouverte, elle m'ouvre l'horizon, et le passé  est de plus en plus loin derrière, un cheminement où nous nous sommes si souvent rencontrées, concertées, paroles à partager...merci d'avoir écouté et partagé, toutes ses souffrances - de notre grain de sel-ne nous appartenaient pas, mais je n'ai rien à ajouter...tu as tout raconté , et si bien raconté...et si justement que nous ne pouvons que comprendre et avancer...
les dessins peuvent aussi devenir des desseins... pied de nez au destin, pied de "e" 
enormous bizoux

Marie-Odile Mathis 14/04/2006 19:42

Ouf, du moment que tu comprends,,, c'est un peu tordu quand même, la manière dont je raconte... difficile,,, même de l'écrire,,, alors pour en parler... c'est carrément kamikase..Bisoux et bonnes vacances...môHma