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Aujourd’hui,,, première séance de radiothérapie…
Un peu la panique avant de partir,,, le taxi a été oublié… Mais bon,, mon intuition légendaire m’a fait téléphoner ½ heure avant l’heure de départ… tout est rentré dans l’ordre…
Et grandiose, il n’y a pas vraiment d’attente à Strauss…
Comme c’était la première séance,,, on m’explique…
Torse nue évidemment, j’attends et j’entends la journée qui commence pour ces jeunes femmes et un jeune homme qui a l’air d’être venu prendre un café… Il repart et l’on vient me chercher…
On me pèse.. Ouf je n’ai pas grossis, mais quand même pris 4kg depuis le début du traitement. Je m’installe sur la table dans la position de la dernière fois le bras droit relevé, pour qu’on puisse m’envoyer des rayons sous l’aisselle et la tête de côté, histoire de protéger la tyroïde.
Ces jeunes femmes, très sympathiques de surcroît, m’expliquent comment l’ensemble du traitement va se passer. Je verrai un certain docteur B trois fois durant le traitement… On me fera une prise de sang… c’est prévu dans le protocole et aujourd’hui on repère, en me dessinant au marker sur le corps…. Certains endroits sont scotchés pour qu’ils restent bien en place jusqu’à demain…
Je me suis dessinée (et photographiée) , ça vaut le coup d’œil.
C’est assez mystérieux tout cela.
Puis deux fois 2mn de rayon qui me sont envoyé…
Aujourd’hui c’est un peu plus long…Quand c’est terminé, je me relève, un peu vite,,, j’ai des nausées… Je ne me sens pas vraiment bien,,, mais ça suffit pour la suite.
J’ai du carton sous le bras et à la place de la cicatrice. J'ai l’impression que cela va se transformer en béton armé… Je le sens déjà. Je n'ai jamais récupéré de sensations,,, c'est pas génial... Je ne sens pas grand chose.
Puis je cours à l’hôpital civil pour ma séance herceptine.
C’est bien, je peux monter directement…. Le lundi et le mardi, j’ai l’impression que le public n’est pas le même… Je n’attend pas trop,,, L’injection commence à 11h30 et doit durer 1h30… Il ya 450g d’herceptine, un produit de lavement et de la cortisone ( !) contre les allergies… Je demande un lit, car la seule fois que j’étais dans un fauteuil, j’ai eu super mal à la nuque et les bras engourdis,,, pas moyen de dormir… J’ai comme l’impression que ces fauteuils ne sont pas ergonomiquement prévus pour ma taille,,,
Je suis dans la salle n° 2. Un charmant monsieur sous perfusion, aide une dame assez âgée, qui a l’air assez perdue… il l’emmène aux toilettes, il l’aide à se mettre sur le lit, il lui ramasse ce qu’elle fait tomber… Vraiment c’est touchant. Puis je m’endors…. Les injections ont toujours un effet soporifique sur moi. L’infirmière passe plusieurs fois pour contrôler… elle me prend la tension, 11/7, elle ne connaît pas trop l’herceptine. Elle trouve une veine et m’explique que ce n’est pas un problème de veine mais que ma peau est hyper dure, difficile à piquer… Je crois me souvenir quand même que les veines se cachaient parfois… Les infirmières ne se battent pas vraiment pour s’occuper de moi, je ne suis pas facile à piquer…
Une charmante demoiselle nous apporte le repas, je choisis crudités à la place de choucroute…Je ne digère plus, c’est horrible, j’ai l’impression d’être enceinte de 6 mois tellement mon ventre gonfle… Le monsieur ne veut rien manger, prend un café, et nous donne ses madeleines… Vraiment sympa.
J’avais très faim
A part cela, pas vraiment de rencontres intéressantes.
J’apprend que jeudi (veille du vendredi saint) il y avait 80 personnes en chimio… C’était l’horreur,,,, du monde debout à attendre dans le couloir… Mon oncologue à elle toute seule a vu 28 malades je crois !!!! Franchement,,,, j’ai l’impression qu’il faudrait plus de monde,,, encore des économies là où il faudrait pas… je ne pense pas que les choses vont s’arranger…
Je termine mon injection, j’attend le taxi , et je montre à mon chauffeur que je connais maintenant, un super raccourcis pour éviter l’énorme bouchon qu’il vient de croiser sur l’autoroute.
Je rentre, je suis de très mauvaise humeur,,, les garçons sont affalés derrière leurs ordinateurs… et la table du petit déjeuner même pas entièrement débarrassée… Je peste, j’en ai mare… Il n’ont rien du tout à faire de ma maladie,,, depuis le début c’est comme ça,,, je continue comme avant mon travail d’esclave au foyer et là à plein temps,,, avant j’avais au moins un peu de répit avec le travail !…. Et puis je me rend compte qu’en ne m’occupant que de moi, Théophile s’est complètement laissé aller,,, je n’ai plus du tout de prise sur lui et je suis obligée d’annuler le RV pris chez le radiologue pour demain. Monsieur a prévu quelque chose… J’en ai archi mare, mais de toute façon, je n’en n’avais pas non plus une folle envie, de retourner là bas,,, je préfère attendre et laisser couleur de l’eau sous les ponts…il n’y a absolument pas d’urgence, je verrai lors de mon prochain contrôle.
Et je me dis que si je ne veux pas « pèter un plomb » avec eux, il faut que je sorte.
Je prend mon courage à deux mains et je vais me promener,,, Odette n’est pas encore là,,,je commence la promenade seule… Un grand tour d’une heure et demi,,, cela me fait le plus grand bien… J’enlève mes chapeaux, je commence à avoir chaud à la tête…Les cheveux repoussent assez blancs quand même... c'est pas laid du tout.
Et je ne veux pas remettre la perruque… je me sens carrément mal de me voir avec ça sur la tête alors que je l’ai adorée la première fois que je l’ai mise… Je ne me reconnais plus du tout, je suis quelqu’un d’autre. Et je ne veux pas d'hormonothérapie,,, ça me fait trop peur,,,j'ai peur de grossir, j'ai peur d'être déprimée, j'ai peur des courbatures, j'ai peur des bouffées de chaleur, j'ai peur ... de souffrir... et je sais que cela va m'handicaper professionnellement parlant... Il faut absolument être bien dans sa peau et en bonne santé pour le "boulot" que je fais là où je le fais... sinon c'est la mort... en plus si l'hormonothérapie me fait déprimer... alors là, c'est la fin des haricots...
Je suis ultra en colère,,, comme un cailloux refermé sur lui même... Aujourd'hui, j'en ai mare d'être malade, mais je sais que demain est un autre jour et ça ira mieux.
Bonjour chez vous
môHma
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